22 janvier 2014

le corps en tête, interview de Bernard Andrieu par Clément Ghys

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"Comment je pourrais être, comment je suis, comment je ne deviendrais pas" (Photo Mick+ Wout / Flickr )

Le philosophe Bernard Andrieu co-dirige la publication de l'atlas "Corps du monde", et signe "la peur de l'orgasme (voir une précédente note sur le blog) Dans le premier, il révèle la diversité des pratiques corporelles au gré des cultures. Dans l'autre, il est question des limites du corps...

Corps du monde Atlas des pratiques corporelles publié le 13 novembre 2013 chez Armand Collin, est un ouvrage collectif dirigé par Gilles Boëtsch et Bernard Andrieu. Ce dernier est philosophe, professeur à la faculté du sport de Nancy, animateur d’un blog sur la question du corps.

"Pourquoi publier une encyclopédie des comportements corporels ?

L’idée de départ n’était pas de faire un atlas quantitatif avec des statistiques mais de rendre compte de la diversité des cultures corporelles contemporaines. Et de montrer leur actualité. C’est pour cela que nous avons fait appel à des spécialistes, à des chercheurs qui connaissent leurs terrains. Au fond, cette diversité d’attitudes corporelles est la preuve que, contrairement à un discours qui se répète souvent, l’uniformisation mondiale n’est pas si totale. Les choses se développent en parallèle. Un seul modèle est toujours mis en avant, mais il existe une réelle diversité, d’où le travail que nous avons apporté à l’iconographie.

Dans l’introduction, vous écrivez avec Gilles Boëtsch que «le corps est la nouvelle religion du XXIe siècle»

On le voit dans les violences faites aux femmes au quotidien: le corps reste le seul espace identitaire, l’unique lieu où se pose la question de l’intégrité. Il y a une religiosité qui se met en place, un «culte» au sens étymologique du terme: une célébration du corps qui renvoie à l’esthétique. Dans l’usage et la pratique du corps, il y a une dimension religieuse, mais sans dieu, une forme de laïcité cosmique, une écologie de relation entre les individus et les milieux. Chacun veut considérer que le corps soit intouchable, soit un organe de revendication. Au fond, la seule chose que l’individu puisse changer, c’est son propre corps, physique, mais également l’interaction dans laquelle son corps s’engage avec les corps des autres..."

Interview réalisé par Clément Ghys, journaliste à Libération

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Corps du monde, Atlas des pratiques corporelles, album illustré, Gilles Boëtsch et Bernard Andrieu, Armand Collin

 

 

 

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La Peur de l’orgasme, Bernard Andrieu, Collection Borderline, éditions du Murmure

 

 

 

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Exercices de survie, Jorge Semprun, Gallimard, 2012

15 décembre 2013

"Je marcherai jusqu'à la mer" rediffusion mercredi 18 décembre sur TV5 monde à 21h55

"A 18 ans, âge où l'on dévore sa liberté, Alex s'est retrouvée enfermée. Prisonnière de son propre corps à la suite d'un accident, une chute dans l'escalier de la maison familiale, qui l'a plongée dans le coma. Les médecins jugeaient son cas « irrécupérable ». Pourtant, dix-sept ans après, la jeune femme que l'on découvre dans ce beau film-portrait semble dotée d'une vitalité inextinguible. Toujours handicapée mais bien décidée à reconquérir, geste après geste, tout ce dont elle a été privée. La réalisatrice la saisit dans son quotidien le plus ordinaire, le plus intime, montrant une fille soucieuse de sa féminité et prête à livrer bataille pour parvenir à arracher une bandelette de cire sur son mollet.

Documentaire de Stéphanie Pillonca - Kervern (France 2012) 55' - Rediffusion

La reprise du pouvoir sur son corps est une lutte de chaque instant dans laquelle Alex paraît ne rien vouloir lâcher. Reconquête des cinq sens, mais aussi de la sensualité : sans tabou, elle évoque le sexe, qui fait travailler les muscles mieux qu'une séance de kiné, et le plaisir, qui « donne des ailes ». Alex se met à nu au sens propre, prenant la pose pour des photos sensuelles qui effacent son handicap. Une fonceuse en quête de sensations fortes lors d'un saut en parachute ou d'une course en fauteuil, qui veut repousser toujours plus les murs et ses limites. Et dont l'énergie rebelle touche et sidère. « J'aurai toute la mort pour me reposer », dit-elle." — Virginie Félix, journaliste à Télérama

Le blog d'Alex : www.maviemonhandicapmesemmerdes.com 

"Je vous laisse découvrir mon blog où vous trouverez les témoignages, anecdotes et coups de gueule d'une presque trentenaire en situation de handicap qui essaie d'attraper les instants de vie au vol ! Écrire me fait du bien et échanger encore plus ! Alors n'hésitez surtout pas à réagir... Mon message est clair: dédramatisons la maladie ou le handicap. Faisons-en une force!"

18 novembre 2013

La mini-série Vestiaires (saison 3) "donne vie à des handinageurs sympathiques et facétieux", chaque jour à 13h45 du lundi au vendredi sur France 2



Extraits d'un interview par Handicap.fr de Adda Abdelli, co-auteur avec Fabrice Chanut, et interprète de Vestiaires

"H.fr : Rire sur le handicap, c'est possible, sans limite ?
AA : Les personnes handicapées ont longtemps été traitées avec compassion puis elles sont parfois devenues des « héros du quotidien ». A croire que l'on ne peut pas être handicapé et « normal » ! Pour cela, il fallait franchir l'ultime étape : rire de tout et donc de nous ! On a maintenant fait le tour de la question...


H.fr : Déjà trois saisons. Assez d'inspiration pour tenir encore longtemps ?
AA : Pour ça, pas de problème. On bouillonne d'idées folles. Le handicap est un sujet qui est plus que jamais d'actualité. Une muse sans fin car, pour nous tous, le handicap c'est à vie...


H.fr : Peut-on parler de « phénomène » Vestiaires ?
AA : Oui, et cela me touche beaucoup. J'ai l'impression que nous sommes devenus des référents. Il y a eu les Intouchables, nous sommes les Improbables ! Ce film à succès n'était pas seulement un feu de paille ; on constate des changements indéniables. Il y a eu les Jeux de Londres, la série avec le flic Caïn, le protagoniste handicapé dans Plus belle la vie. Tout ça, c'est du concret, surtout pour des mecs de ma génération qui ont vu tant de portes se refermer. Certains jeunes handicapés se rendent compte que le handicap peut aussi avoir sa place dans le star-system. Plus on nous verra et moins on nous verra !"





 

20:35 Écrit par François Crochon dans 1- Ressources, Art et Essai, Blog, Film, Jeux, Sensibilisation, Société, Sport | Tags : handicap, humour, rire, piscine, handisport, télévision, mini-série | Lien permanent |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg