25 juillet 2014

Promouvoir le droit à l’intimité dans un établissement médico-social

Par Géraldine CHAPURLAT, avocate, spécialisée dans l'action sociale et médicosociale sur le blog de Formanéo

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"Tout comme le droit à la vie, le droit de ne pas être soumis à la torture et à des peines ou traitements inhumains ou dégradants, le droit à un procès équitable, la liberté d’expression et d’information , le droit au respect des biens, le droit à avoir une vie relationnelle affective et sexuelle constitue un droit fondamental que l’état doit garantir, parce qu’il constitue un socle de la vie en société.

Si la société n’est pas débitrice d’une créance pour en garantir l’effectivité, elle doit néanmoins faire en sorte pour garantir cette liberté, de s’abstenir d’entraver son exercice. Nous examinerons ce qui dans la loi permet la protection de la vie privée des personnes en situation de handicap, qui sont du fait de la vulnérabilité liée à cette situation de handicap sont plus sujette à des empiétements injustifiés à leur vie privée" (lire la suite...)

« Au premier regard » : l’un voit, l’autre pas – s’aimeront-ils ?

déficience visuelle, homosexualitéC’est la fin de l’été à São Paulo. Leonardo, 15 ans, est aveugle. Il aimerait être plus indépendant, étudier à l’étranger, mais aussi tomber amoureux. Un jour, Gabriel, un nouvel élève, débarque dans sa classe. Les deux adolescents se rapprochent et progressivement, leur amitié semble évoluer vers autre chose. Mais comment Leonardo pourrait-il séduire Gabriel et savoir s’il lui plait puisqu’il ne peut pas le voir ?

Film brésilien de Daniel Ribeiro avec Guilherme Lobo, Fabio Audi, Tess Amorim, Lúcia Romano (1 h 35)

Découvrez également la critique sur le site du Monde.fr

Le Monde.fr | 22.07.2014 à 11h09 | Par Mathieu Macheret

"Si Au premier regard évolue quelques coudées au-dessus de la mêlée, c’est qu’il a la sensibilité de ne jamais instrumentaliser son récit au profit d’une démonstration ou d’une symptomatologie sociale. L’homosexualité ne sert pas ici à dénoncer l’intolérance ou l’arriération d’une région, mais participe d’une question plus large, qui accessoirement la dépasse : celle de l’émancipation d’un garçon infantilisé par son handicap, encore peu sûr de lui car trop couvé par ses parents et sa meilleure amie Giovana (Tess Amorim) — elle aussi éprise du beau Gabriel." (lire la suite...)

 
Au premier regard par previewnet

Le Prix OCIRP « vie affective et sexualité »

Le Prix OCIRP « vie affective et sexualité » a été attribué au filmautoportrait « Tu veux ou tu peux pas ? »

Ce film a été réalisé telle une fiction de 50 minutes avec des acteurs résidants du Foyer de vie le Rex Meulen, concernés par la vie affective et sexuelle des personnes déficientes intellectuelles. La sexualité des handicapés est un sujet qui intéresse et qui doit être pris en considération au nom du respect des handicapés, de leurs droits et de leur liberté.

« La thématique de la vie affective et sexuelle nous est vite venue à l'esprit parce qu'on accompagnait un couple avec toutes les questions que cela engendre. Est-ce qu'ils ont le droit de dormir ensemble ? Est-ce qu'ils ont le droit de s'embrasser devant tout le monde ? 

Pendant longtemps, on a estimé que les personnes déficientes intellectuelles n'avaient pas forcément de vie affective. 

Voilà pourquoi ce sujet était important aussi à mettre en évidence puisqu'il y a une réelle demande des personnes sur le thème. 

Il faut briser ce tabou-là pour que justement, les gens se rendent compte que même si on a des difficultés, on peut avoir quelqu'un dans la vie. »

Sur le site de l'OCIRP

24 juillet 2014

La saison 2014 du festival "Clair de Luttes" portera sur le thème "Liberté, Egalité, Sexualités" du 28 juillet au 26 août à la ferme de Brunas du Larzac sur la commune de Creissels

Le festival rassemble des travaux d'artistes - photographie, architecture, cinéma, musique, théâtre, investis dans des luttes sociales, politiques, économiques, écologiques...

PROGRAMME 2014

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Retrouvez  François Crochon, sexologue Chef de mission du CeRHeS pour l'animation du débat du film de Louise Archambault : GABRIELLE le 7 août à 20h30

Ludovic, tétraplégique : « Je ne voudrais la place de personne, pas même celle d'un mec valide »

Le Monde.fr | 24.07.2014 à 10h50 • Mis à jour le 24.07.2014 à 12h34 | Par Camille Bordenet

« Au début, surtout en pleine adolescence, c'était très gênant de dévoiler son intimité au personnel soignant, se souvient-il. Et puis, petit à petit, on apprend à lâcher, le corps tombe dans le domaine public. Maintenant, ça ne me dérange même plus qu'une aide-soignante que je n'ai jamais vue me manipule. »

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DES SOLUTIONS POUR FAIRE L'AMOUR

Sur la table de chevet de la chambre, sa copine a laissé sa carte de presse et un roman policier. Ludovic sourit. Il l'aime, bien sûr, même s'il ignore encore si elle sera la mère des enfants dont il rêve. « Je sais qu'être avec moi, c'est contraignant, à tout point de vue. J'ai peur qu'elle finisse par se lasser. »

Pendant plusieurs années, il n'a pas voulu se poser de questions sur sa sexualité. « Au moment de l'accident, j'étais trop jeune, ensuite l'idée d'en parler m'a longtemps gêné. »

« Parce que les blessés médullaires sont en majorité de jeunes garçons, la colère liée aux troubles de la sexualité est souvent un frein à l'acceptation du handicap et à la reconstruction psychologique », explique Marie-Françoise Chapuis-Ducoffre.

Difficile, en effet, d'accepter ce sentiment d'atteinte à sa virilité, surtout quand la sexualité masculine est souvent associée à la performance. Alors l'équipe de rééducation accompagne, tout en douceur. Et, même si elle n'a « pas de baguette magique », tente d'informer des possibilités qui s'offrent à chacun.

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Ludovic, lui, n'avait jamais fait l'amour avant son accident. Pour sa première fois à 22 ans, il décide de rencontrer le sexologue de la clinique. Et comprend qu'il existe des solutions. « Pour m'assurer d'une érection durable, je prends un médicament par voie orale et je fais une piqûre dans la verge. Ensuite je suis tranquille 1 à 4 heures », confie-t-il. Alors, même s'il est conscient que tous les handicapés ne sont pas dans son cas, il s'énerve de ceux qui continuent de penser « que sous prétexte qu'on ne sent rien, on n'a pas de libido ».

« UNE SEXUALITÉ PARALLÈLE À LA NORMALE »

À demi-mot, on lui demande de décrire ce qu'il ressent quand il fait l'amour. Il s'exécute, sans fausse pudeur : « J'ai du plaisir mais je ne ressens pas toutes les subtilités de la pénétration vaginale, comme la chaleur par exemple. Mais le cerveau s'adapte pour prendre du plaisir autrement. Voir une fille nue, la toucher, la caresser… procure déjà de très bonnes sensations. Alors c'est sûr que si une fille cherche les performances d'un rugbyman, je ne suis pas la bonne personne, plaisante-t-il. Car oui, c'est forcément une sexualité contrainte qui laisse peu de place à l'improvisation. Mais, pour peu que la partenaire soit réceptive et à l'écoute, on crée une sexualité inventive, différente et parallèle à la normale. »

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