16 mars 2016

Avec pas d'cœur veut briser le tabou de la sexualité...

 Sexe, danse et déficience

Par Silvia Galipeau, La Presse

Dans le cadre de la semaine de la déficience à Montréal, du 16 au 19 mars 2016

Trois interprètes, une chorégraphe, un sujet : la sexualité. Pas n’importe laquelle : celle des personnes aux prises avec une déficience. Tabou, vous dites ? Nous les avons rencontrés pour en parler.

chorégraphie,x fragile,syndrome de williams,déficience intellectuelle,dans,gabrielle,vie affective et sexuelle,art

 

chorégraphie,x fragile,syndrome de williams,déficience intellectuelle,dans,gabrielle,vie affective et sexuelle,art

 

Lire la suite sur le site de La Presse

Voir également sur le site de canoe.ca et sympatico 


Gauche-droite-gauche-droite.

« ÇA, c’est ta droite, Gab ! », lance la chorégraphe en souriant.

Tout le monde pouffe de rire.

À voir ces trois interprètes danser avec aisance, rythme et sensualité, impossible de deviner la montagne de défis ici surmontée. Pensez-y : avant de commencer à répéter ensemble, il y a deux ans, ils ne se touchaient pas. Zéro, confie la chorégraphe, Maïgwenn Desbois. C’est dire s’ils reviennent de loin. Aujourd’hui, non seulement les trois interprètes – tous atteints de déficiences diverses – se touchent, mais ils se caressent, ils se prennent, se poussent et se repoussent. Pour cause : ils montent un spectacle de danse sur un sujet archi tabou : le sexe chez les personnes vivant avec une déficience.

Avec pas d’cœur, dont la première sera présentée demain soir [le 16 mars 2016] au Monument-National [de Montréal], est une création de Maïgwenn et les Orteils, une compagnie dont le mandat vise précisément à intégrer les artistes « différents et marginalisés ». Cela fait plusieurs années que la chorégraphe travaille avec Gabrielle Marion-Rivard (atteinte du syndrome de Williams et vedette du film de Louise Archambault Gabrielle), Anthony Dolbec (qui a le syndrome d’Asperger, également de la distribution du film sorti en 2013) et, plus récemment, Roxane Charest Landry (syndrome X fragile). Et cela fait aussi plusieurs années que la question de l’amour, et de son corollaire, la sexualité, la travaille.

« Mais je me mettais des barrières. C’est un sujet délicat, intime. Et puis, je voyais Anthony, dont la grande détresse dans la vie était de ne pas trouver l’amour, raconte-t-elle, entre deux répétitions. Il était réservé, très maladroit, il cachait qu’il était Asperger. Il s’est fait niaiser par des filles, je trouvais ça très dur de voir cette détresse. Et puis, à 29 ans [il y a deux ans], il a rencontré une fille qui étudie avec lui, avec qui ça marche ! »

GABRIELLE, L’ALLUMEUR

C’est en voyant le long métrage Gabrielle que la chorégraphe a finalement décidé de plonger. Avec une dramathérapeute, et plusieurs tables rondes plus tard, elle a mis sur pied un spectacle s’attaquant de front à des sujets rarement abordés : la difficulté de rencontrer quelqu’un quand on a une déficience, le désir, les pulsions, le rejet, sans oublier l’amour, la sexualité et la reproduction, désirée ou non.

« Oui, c’est perturbant d’imaginer qu’ils pourraient tous être parents, conclut-elle. Mais mon but, c’est de briser un tabou. Si je peux faire cheminer les gens, les faire réaliser qu’eux aussi [les personnes avec une déficience] ont le droit d’avoir une sexualité, parce qu’eux aussi, ils y pensent, ils ont des désirs comme n’importe qui, juste ça, ça fera d’eux des individus un peu plus à part entière. »

Lire la suite sur le site de La Presse

Voir également sur le site de canoe.ca et sympatico 

Les commentaires sont fermés.