16 mars 2014

"Vers mon indépendance". L'itinéraire de Lamia entre deux cultures et son combat contre le handicap et les discriminations

Lamia.jpg« Je ne regrette rien de mes dix-sept ans ; je me suis bien éclatée ! » : c'est par ces mots que Lamia conclut son récit d'adolescence tournant le dos à une enfance pas toujours rose. Née à Lyon en 1957, neuvième de treize enfants dans une famille originaire des Aurès, la vie ne l'a pas épargnée : poliomyélite dans l'enfance, paraplégie à 24 ans, amputation puis cancer qui finira par l'emporter à 54 ans. Mais pour cette battante, belle femme généreuse, l'essentiel est toujours de conquérir et d'approfondir son autonomie, personnelle et sociale. Rejetant les modèles qu'on veut lui imposer, elle milite, s'engage, se débat et trouve le moyen d'aider plus démunis qu'elle.

Lamia tenait à ce que son témoignage soit publié, c'est chose faite grâce à Jean-Claude BARTHEZ et à Bruno VOISIN. Tous deux ont mené des carrières de sociologues au croisement de la recherche et de l'action de terrain. Très tôt sensibilisés, dans le sillage de Bourdieu, à la « question algérienne », ils ont continué à interroger l'impact des cultures d'origine sur les modèles de socialisation en milieu populaire, et ont notamment exercé des responsabilités dans le cadre de la Politique de la Ville au sein de l'agglomération lyonnaise. (Note de l'éditeur)

Voici un extrait de ce récit à trois voix et voici la parole de Lamia dans le texte intitulé : "Vivre en tant que personne. Le corps, la pudeur au quotidien" ..."Sinon , j'aime être à l'aise dans ma nudité, j'aime mon corps; en m'émancipant de ma famille, j'ai redécouvert un autre corps, j'ai réappris à l'aimer. Cela n'a pas été facile dans ma tête. Aujourd'hui je m'habille tout simplement, je mets des pantalons, j'adore me maquiller et, quand je peux dissimuler à mon partenaire mes différents handicaps, je fais l'amour comme une personne à part entière...

Mon évolution, je la percevais peu à peu, à mesure que je la vivais. je m'acceptais et j'acceptais aussi le regard de celui qui était assis à la table voisine, sourire échangé, dialogue au début de ma drague. Je continue à vivre malgré tout, dans cette splendide contradiction. Je suis fière d'être une femme jeune; je me maquille, je m'habille, tout simplement, de façon décontractée. Ce n'est pas l'apparence ni le vêtement qui m'importe mais c'est d'être bien dans ma tête !" (p.85)

 

"Le livre de Lamia" est édité aux éditions 

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