13 novembre 2013

Sexualité et handicap : parlons-en! une action de la Fondation de France en faveur de la dignité des personnes

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 "Depuis quelques années, cette thématique est au coeur de nombreux débats. Vaste et complexe, elle nécessite de construire des réponses partagées pour répondre à la diversité des situations...Les professionnels sont en première ligne pour accompagner l’expression de la vie affective et sexuelle dans les structures médico-sociales alors qu’ils n’y sont généralement pas préparés." sexualité et handicap : parlons-en!

 

Accompagner les transformations de l’adolescence, répondre au désir de jeunes ou d’adultes de vivre une relation affective et sexuelle… Les questions liées à la sexualité sont très présentes dans les structures médico-sociales. Bien qu’obligatoire sur certains volets, l’accompagnement de la dimension sexuelle reste délicate pour les professionnels, d’autant que cette thématique est absente de leur formation initiale.

"J’ai des désirs d’amour, de tendresse, de sexualité"

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Témoignage de Jean-Luc Héridel

"Je suis atteint d’une infirmité motrice cérébrale. Comme tout être humain, j’ai des désirs d’amour, de tendresse, de sexualité. Mais quand on est handicapé, c’est encore un sujet difficile pour les institutions  spécialisées et la société. Vu mon handicap, il ne fallait pas trop se faire d’illusions. À force, on finit par tout refouler. Par préjugés, mais aussi par peur. On me disait que je n’avais aucune chance de mener une vie sexuelle « normale ». Ma rencontre avec ma femme, un coup de foudre au hasard d’un passage piéton d’une rue de Sarcelles, a finalement prouvé que c’était faux. Les responsables de mon foyer ont pourtant tout fait pour nous empêcher de poursuivre notre relation. Les soignants tenaient des discours complètement fantasmatiques. Ils ne pouvaient pas concevoir leur propre sexualité de manière sereine, comment auraient-ils pu le faire pour moi ?"

 

"Organiser des groupes de parole.

S’intéresser à la sexualité d’un autre, c’est une intrusion possible dans son intimité. Comment alors proposer aux personnes un espace collectif d’expression, protégé et attentif ?


L’animation, confiée à deux intervenants au moins, repose sur les règles de fonctionnement    habituelles des groupes de parole : confidentialité, liberté de silence et de parole… Le groupe de parole n’étant pas un lieu d’analyse, les expériences personnelles ne sont pas abordées.


La question de la participation volontaire n’est pas simple à traiter, les personnes ont souvent       besoin d’avoir une idée précise du contenu et de la forme de l’intervention pour pouvoir exercer leur libre choix. Une réponse possible : faire précéder la participation volontaire au groupe de parole par des séances d’information obligatoires avec la possibilité pour les personnes de rester en retrait.


La composition des groupes requiert une attention particulière en tenant compte de l’âge, des     niveaux de compréhension, des risques d’isolement. La dynamique collective peut être favorisée en alternant la composition des groupes : commencer par des groupes non mixtes pour traiter du fonctionnement du corps, avant d’introduire une mixitégarçon-fille ou homme-femme."


"Mettre à distance les représentations des professionnels


L’accompagnement de la dimension sexuelle ne se limite pas aux personnes handicapées, mais implique également d’associer les parents et les professionnels. Pour ces derniers, la formation est essentielle, il est également nécessaire de leur ménager des espaces de réflexion et d’analyse de la pratique. L’enjeu : les aider à trouver la bonne distance."

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